“Je suis un territoire conscient de mon unicité et clair sur mon essence, un être résilient avec une bonne capacité de reconstitution mais qui a des poussées de fièvre régulières faites de violences successives qui fatiguent mes fonctions vitales et requièrent des processus de guérison importants.
J’ai la chance d’avoir des gardiens qui ont conservé les savoirs et la mémoire de mon être comme nulle part ailleurs grâce à une organisation collective et une transmission orale puissante et ce malgré l’arrivée des colons il y a 500 ans et l’établissement de Santa Marta en mon cœur.
Aujourd’hui, je fais face au surtourisme, aux groupes armés, à la multiplication d’initiatives personnelles pas suffisamment coordonnées, à des violences individuelles et à un manque d’eau. Mais j’ai le temps, je sais que la fièvre passera et que mon cœur battra à nouveau et résonnera dans le reste du monde.”

